Katia Lanero Zamora « La machine – tome 2 »

Rappel

Si vous n’avez pas encore lu ma chronique du tome 1 de « La Machine », retrouvez-la par ici : https://lejardinierpoete.org/katia-lanero-zamora-la-machine/


Ce qui devait arriver arriva. Katia Lanero Zamora ne transpose pas la guerre civile espagnole dans un univers imaginaire pour l’édulcorer, pour soudain lui inventer une fin heureuse, comme par magie. Non. J’ai lu le tome 2 de « La Machine » et j’ai pleuré, comme j’avais pleuré en découvrant cette page sombre de l’histoire européenne à travers les œuvres de Georges Orwell et Ken Loach, comme bien des protagonistes du coup d’état franquiste. Mais le tour de force de Katia Lanero Zamora, c’est de nous faire ressentir les larmes dans les deux camps.

À la fin du tome 1, nous avions laissé les deux frères Cabayol aux portes d’un conflit qui allait les voir s’opposer, parce que chacun était resté fidèle à sa logique, à son parcours, à ses idéaux. Dans le tome 2, nous les retrouvons face aux conséquences de leur choix. Ils pensaient agir pour le meilleur, hélas en pleine guerre, c’est le malheur qui prend toute la place.

Andrès va assister aux déchirements du camp républicain, où la révolution machiniste fait peur, où la force du peuple effraie les responsables de la république et leurs soutiens étrangers. Comment rester debout sur les barricades, le désir de liberté et d’égalité chevillé au corps, quand on doit choisir entre se battre avec les moyens du bord ou rentrer dans le rang et se plier à la discipline militaire ?

Vian va plonger dans l’horreur du coup d’état réactionnaire, où le retour à l’ordre désigne comme traitre toute voix discordante et où la volonté d’un chef suprême d’écraser tous ses ennemis transforme ses troupes en exécuteurs sanguinaires de ces ordres extrêmes. Comment taire ses doutes intimes pour faire sa place dans le nouveau régime et espérer encore rassembler sa famille et sauver sa situation ? Vian, le bon fils, deviendra-t-il un faux frère ?

Katia Lanero Zamora n’abandonne aucun de ses personnages. Même si elle plonge avec eux dans leur descente aux enfers, elle nous ouvre la porte de leur cœur pour mieux ressentir l’humanité de chacun, quel que soit le camp dans lequel il se débat. Tous ses personnages portent au fond d’eux des histoires d’amour, d’amitié. Et face à l’adversité, ce sont ces attachements, ces fidélités, qui pousseront certains à des actes de folie, de lâcheté ou de courage. Même quand les cœurs se brisent, il est toujours possible d’en sauver l’une ou l’autre partie.

Le tome 2 de « La Machine » est une plongée dans l’obscurité et les ténèbres d’une guerre fratricide, qui illustre avec force et subtilité cette pensée que c’est à travers les failles que passe la lumière. Même s’il reprend le fil d’une histoire dont l’issue fatale est connue, ce livre traite d’espoir et de volonté de rendre le monde meilleur, quels qu’en soient ses dilemmes et sa complexité.

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